La mortalité par AVC évolue inégalement en Europe

Le nombre de morts par accident vasculaire cérébral (AVC) diminue globalement en Europe mais des disparités semblent apparaître, selon une étude publiée mercredi, notamment entre l’Est et l’Ouest de l’Europe.

Les taux de mortalité par accident vasculaire cérébral (AVC) diminuent globalement en Europe, mais cette réduction à tendance à s’essouffler dans certains pays, notamment à l’Ouest, selon une étude publiée mercredi.

Augmentation des morts dans trois pays pour les hommes et deux pour les femmes

Les chercheurs, dirigés par Nick Townsend, professeur agrégé d’épidémiologie en santé publique à l’Université de Bath (Royaume-Uni), ont constaté dans la période la plus récente sur l’ensemble de la région européenne de l’OMS, des baisses significatives des taux de mortalité des trois types de maladies cérébrovasculaires étudiées dans 33 pays (65%) chez les hommes et les femmes. Cependant, des augmentations étaient relevées dans trois pays pour les hommes (Azerbaïdjan, Géorgie et Tadjikistan) et dans deux pour les femmes (Azerbaïdjan et Ouzbékistan).

Un ralentissement de la baisse du nombre de morts

Les chercheurs ont également relevé des tendances plus récentes de réductions de mortalité moins prononcées dans sept pays pour les hommes (Autriche, Danemark, France, Allemagne, Grèce, République tchèque et Hongrie) et dans six pays pour les femmes (Autriche, Belgique, France, Allemagne, Irlande et Suisse). Pour les deux sexes, plus d’un tiers des pays considérés affichent soit un ralentissement de la baisse des taux de mortalité, soit aucune diminution ou encore une augmentation de la mortalité.

Des disparités au sein de l’Europe

Les taux de mortalités de l’AVC, tenant compte de la taille de la population et de sa répartition par âges, sont beaucoup plus faibles en Europe occidentale que dans le reste du continent. Chez les hommes, les taux de mortalité en Europe occidentale vont de 49 pour 100.000 habitants en France à 131 pour 100.000 à Saint-Marin.

En Europe centrale, les taux de mortalité masculine variaient de 110 pour 100.000 en République tchèque à 391 pour 100.000 en Bulgarie. En Europe orientale, les taux de mortalité masculine variaient de 82 en Estonie à 331 en Russie pour 100.000 habitants. En Asie centrale, ils atteignent 345 pour 100.000 habitants en Azerbaïdjan. Au Royaume-Uni, le taux de mortalité était respectivement de 68 et de 65 pour 100.000 chez les hommes et les femmes.

Plus de moralité par hémorragie méningée chez les femmes

Les chercheurs pointent une évolution peu favorable des taux de mortalité par hémorragie méningée, qui baissent moins ou pas, voire augmentent, chez les femmes dans 25 pays. Les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) utilisées n’étaient pas disponibles pour tous les pays.

La canicule a peu accru l’activité déjà soutenue des urgences selon les urgentistes

Le dernier épisode de canicule, terminé depuis mercredi, a été plutôt bien géré, notamment grâce aux campagnes de prévention, et n’a pas beaucoup accru l’activité déjà soutenue des urgences, ont expliqué des représentants urgentistes à l’AFP lundi.

«Les campagnes de prévention qui ont été bâties au cours des 15 dernières années donnent de bons résultats, la population a compris les risques de la chaleur», a observé pour l’AFP Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

Deux vagues de fortes chaleurs successives ont touché la France, entre le 25 et le 27 juillet, puis entre le 30 juillet et le 8 août.

«On a eu des cas de collègues qui nous ont dit qu’ils avaient retrouvé des personnes âgées décédées chez elles, mais c’est très minime», a déclaré M. Pelloux.

Quant aux risques pour les personnes âgées dans les jours ayant suivi la fin de la canicule, «il y a des cas mais ça reste ponctuel, il n’y a pas d’épidémies de ce type de pathologies», a indiqué à l’AFP François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France.

Contrairement à la canicule meurtrière de 2003, «la méconnaissance du phénomène n’existe plus en 2018, (…) les spots télévisés le rappellent à tout le monde», a ajouté Pierre Carli, chef de service au Samu de Paris 75 AP-HP, en soulignant la «solidarité» pendant cette période de fortes chaleurs.

«On a eu des appels de gens nous signalant des personnes qui n’étaient pas bien chez elles, ce qui évite que ces gens-là ensuite soient malades. Des appels 100% chaleur, c’est-à-dire quelqu’un qui n’est pas du tout malade et qui fait un coup de chaleur, on n’en a pas vu à Paris», a-t-il précisé.

M. Carli a indiqué que l’activité du Samu depuis juillet avait été «soutenue» et «comparable aux autres mois de l’année» tout en précisant qu’il était «difficile de savoir» si cela était lié «indirectement, directement ou pas du tout» à la canicule.

Du côté des urgences, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris a signalé dans un communiqué jeudi que, dans une période de sept jours jusqu’au mercredi 8 août, le nombre de passages avait augmenté de 10,1% pour les personnes âgées par rapport aux même dates en 2017 dans 13 services sur 17 en Ile-de-France.

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn avait, elle, pointé le 8 août «une petite suractivité» pendant les vagues de chaleur, avec en moyenne «entre 3% et 6% des passages qui étaient réellement en lien avec la canicule».

Mais globalement, selon François Braun, «l’effet des pathologies directement liées à la chaleur sur l’activité des urgences est très faible».

«La période s’est mal passée, mais pas à cause de la canicule. L’activité des urgences continue d’augmenter dans des services qui sont maintenant au bout de leurs limites en termes de volume d’activité, c’est lié aux fermetures de lits en période estivale et au manque d’effectifs», a-t-il expliqué.

Glyphosate: les réactions politiques après la condamnation de Monsanto aux Etats-Unis

Voici des réactions politiques lundi après la condamnation du géant agrochimique américain Monsanto, vendredi aux Etats-Unis, pour ne pas avoir informé de la dangerosité du Roundup, dont le principe actif est le glyphosate, produit chimique très critiqué, notamment en Europe, mais toujours utilisé par les agriculteurs.

Florence Portelli (LR), secrétaire générale de Libres!, le mouvement de Valérie Pécresse : «Je suis particulièrement inquiète de l’indécision du gouvernement sur le sujet. (…) On a un ministre de l’écologie qui pour le moment a plutôt subi que décidé. Moi j’attends un d’Artagnan plutôt qu’un Don Quichotte de l’environnement et je n’aimerais pas que le glyphosate soit le chlordécone connu dans les Antilles. (…) Il faut vraiment un calendrier qui soit extrêmement ferme (…) et aussi qu’on porte notre voix à l’échelle européenne» (sur LCI).

François de Rugy, président LREM de l’Assemblée nationale: «La bonne démarche pour se débarrasser définitivement de ces produits dangereux : travailler avec les agriculteurs sur les solutions alternatives et fixer une date butoir. Comme cela a été fait pour les néonicotinoïdes» (tweet).

Sylvain Maillard, député LREM de Paris : «Nous avons mobilisé beaucoup de crédits pour que les instituts de recherche privés et publics puissent trouver des alternatives. Il n’y a pas de solution générale. On ne va pas remplacer une molécule par une autre (…) Il faut qu’on travaille usage par usage (…) Stéphane Travert et Nicolas Hulot travaillent ensemble. C’est une vraie équipe, un tandem.» (Europe 1)

Florian Philippot, président du parti Les Patriotes : «Nicolas Hulot ressort affaibli, on voit bien l’étendue de son inaction. (…) Il a montré depuis le début qu’il trahissait ceux qui avaient mis leur confiance en lui. (…) Pour retrouver notre souveraineté alimentaire et notre indépendance agricole, nous devons sortir de l’union européenne». (France Inter)

Karima Delli, eurodéputée Europe Ecologie – Les Verts : «Nicolas Hulot est un ministre dont on a besoin : il est convaincu par la question de la santé et de l’environnement. (…) Il est temps pour lui de taper du poing sur la table et dire à ses voisins européens de prendre acte de ce jugement. (…) Le problème est que l’on a entraîné nos agriculteurs dans un système qui dépend du glyphosate depuis une trentaine d’années (…) Il faut arrêter la langue de bois. Il y a la FNSEA qui fait un lobby d’enfer pour notamment ne pas arrêter le glyphosate. Ce syndicat doit comprendre que la majorité des victimes sont des agriculteurs». (France Inter)

Nicolas Bay, eurodéputé Rassemblement national : «je crois qu’il faut essayer d’aller très vite sur ce sujet. (…) Il faut évidemment créer les conditions pour qu’on puisse interdire le glyphosate, mais ce n’est pas simple parce qu’il faut d’abord trouver un vrai substitut, faire en sorte que nos agriculteurs, qui ne doivent pas être culpabilisés dans cette affaire, puissent avoir un produit qui soit équivalent, en efficacité, au glyphosate. Et ce produit, à ma connaissance, il n’a pas encore été trouvé». (sur franceinfo)

Les touristes des grandes villes, des fumeurs qui s’ignorent

Selon une étude de l’association Transport et Environnement parue vendredi, rester quatre jours à Paris équivaut à fumer deux cigarettes. 

La cigarette, très peu pour vous ? Si vous vous réjouissez de préserver ainsi votre santé, sachez cependant que si vous passez vos vacances dans une grande ville européenne, vous encrassez vos poumons. C’est ce que révèle une étude de l’association Transport et environnement (ATE) parue vendredi et dévoilée par Le Parisien.

Quatre jours à Paris : deux cigarettes

L’ONG a fait un calcul simple : convertir la dose en particules fines de l’atmosphère de dix métropoles européennes en nombre de cigarettes. Le résultat est sans appel : un touriste qui passe quatre jours à Paris inhale l’équivalant de deux cigarettes. Idem pour un week-end prolongé à Rome ou à Vienne. C’est une seule cigarette si le séjour se fait à Dublin ou à Barcelone.

D’autres grandes villes du vieux continent récoltent des scores pires : ainsi de Londres (2,75 cigarettes), Milan (trois), Prague et Istanbul (quatre).

Sur une année, l’équivalent de quatre paquets

L’extrapolation sur une année fait froid dans le dos. Selon ATE, un Parisien respire en effet l’équivalent de 183 cigarettes sur une année, soit quatre paquets. Il est par conséquent un fumeur modéré qui s’ignore.

« Les touristes de plus en plus sensibles à cette problématique »

Selon Jens Muller, coordinateur des dossiers sur la qualité de l’air à ATE, ces résultats ne sont pas une bonne nouvelle pour le secteur du tourisme. « Les touristes sont de plus en plus sensibles à cette problématique quand ils choisissent une destination car ils ne veulent pas mettre en péril leur santé, certains ont par exemple renoncé à se rendre dans de grandes villes chinoises comme Hong-Kong ou Pékin à cause de la pollution », explique-t-il dans les pages du Parisien. Une préoccupation que partageront bientôt les visiteurs de la ville lumières ? L’avenir le dira.

L’exercice physique, y compris le ménage, bon contre la dépression

Pratiquer une activité physique, notamment un sport collectif, du cyclisme ou de l’aérobic, aurait un impact positif sur la santé mentale, selon une étude parue jeudi.

L’exercice physique paraît un bon moyen de réduire le risque de dépression, qu’il s’agisse de pratiquer un sport, de marcher ou même de faire le ménage, selon une étude parue jeudi.

Les sports collectifs et le vélo, bons pour la santé mentale

Selon les auteurs, « tous les types d’exercice physique ont été associés à une amélioration de la santé mentale ». Mais cette amélioration est la plus marquée avec « les sports collectifs, le cyclisme, l’aérobic et le sport en salle de musculation ». L’étude publiée dans The Lancet Psychiatry (en anglais) se fonde sur des questionnaires soumis à plus de 1,2 million d’adultes américains entre 2011 et 2015.

Ces questionnaires dressaient une liste de 75 types d’activité physique, de la marche à la musculation, en passant par le jardinage, la pêche ou le yoga. Les sondés devaient indiquer le nombre de fois par semaine ou par mois où ils s’adonnaient à cette activité, et combien de temps en moyenne.

Une meilleure santé mentale pour les actifs

Une autre question était : « Si vous pensez à votre santé mentale, ce qui comprend le stress, la dépression et des problèmes émotionnels, combien de jours lors des 30 derniers n’a-t-elle pas été bonne ? » Résultat : « les personnes qui ont une activité physique font état de 1,5 jour de moins de mauvaise santé mentale par mois par rapport à celles qui n’ont pas d’activité », ont résumé les auteurs dans un communiqué. Les sondés déclaraient en moyenne avoir environ trois jours et demi de « mauvaise santé mentale » par mois.

45 minutes d’activité maximum cinq fois par semaine

La dose idéale d’exercice physique est de « 45 minutes trois à cinq fois par semaine ». Au-delà, le bénéfice baisse. Et les sondés atteignant trois heures d’activité physique par jour déclaraient avoir une santé mentale moins bonne que ceux sans aucune activité physique.

Une observation sans lien de cause à effet

Coordonnée par un chercheur en psychiatrie de l’université de Yale (États-Unis), Adam Chekroud, l’étude fait une observation statistique, sans établir de lien de cause à effet. La relation entre exercice physique et réduction de la dépression ou du stress « pourrait aller dans les deux sens : par exemple l’inactivité pourrait être un symptôme et un facteur de mauvaise santé mentale, et l’activité pourrait être un signe de résilience ou y contribuer », selon les chercheurs.

Des Argentines dépitées mais déterminées à poursuivre la lutte pour l’IVG

L’enterrement par le Sénat du projet de loi sur la légalisation de l’avortement en Argentine est dur à assimiler pour beaucoup de militantes pro-IVG mais ce n’est pour elles qu’un contretemps car elles estiment le processus inéluctable.

Des milliers de jeunes femmes avaient bravé le froid et la pluie pour être là, devant le Congrès. A 02h49 (05h49 GMT), quand le résultat du vote des sénateurs s’est affiché, la déception a envahi la foule même si l’issue négative était attendue depuis plusieurs heures.

«Être si proche de la légalisation et qu’elle se dérobe, c’est rageant», déclare à l’AFP Mailen, une manifestante de 24 ans.

Le projet de loi avait été adopté par la chambre des députés, il ne manquait plus que l’aval du Sénat et l’Argentine allait se convertir en 3e pays d’Amérique latine à autoriser l’IVG, après Cuba (1965) et l’Uruguay (2012).

«Je suis indignée par cette marché arrière. La mobilisation a été forte, nous avons fait un grand pas en avant. Dans la rue, l’avortement est légal, dans les quartiers l’avortement est légal, ceux qui ne se sont pas rendus compte sont ceux qui sont au Sénat», regrette la jeune femme, militante de l’organisation Miguelito Pepe.

Aussitôt après la diffusion des résultats, les manifestantes ont souligné que la mobilisation n’était pas terminée. «La lutte continue», «que l’IVG soit loi» ont scandé les manifestantes alors que les sénateurs quittaient l’hémicycle.

2020

«On va continuer de se battre, comme on le fait depuis de nombreuses années», assure Sofia Spinelli, 26 ans.

«On a vécu des journées historiques. Au début, nous étions nombreuses mais pas autant. On a gagné dans la rue, mais la représentation politique n’est pas fidèle à ce qui se passe dans la rue», déplore-t-elle.

Pour Vilma Ripoll, dirigeante d’un parti de gauche, «les sénateurs regardent du côté du pape et du Vatican. Il faut obtenir la séparation de l’Eglise et de l’Etat», alors que l’Argentine est officiellement un pays laïque.

Mercredi avant le vote, l’avocate Nelly Minyersky, 89 ans, une figure de la Campagne nationale pour l’avortement légal, sûr et gratuit avait elle aussi salué le chemin parcouru au cours des deux dernières années. «Nous avons mobilisé un million et demi de jeunes. Si ce n’est pas ce jeudi, ce sera l’an prochain».

Le débat sur la légalisation de l’avortement peut retourner au Sénat dans un an, délai minimum. Mais comme l’élection présidentielle est programmée pour octobre 2019, il est peu probable qu’une question aussi controversée s’invite au Congrès en pleine campagne électorale. Il faudra plutôt attendre 2020.

Chaque année, environ 500.000 avortements sont pratiqués en Argentine dans la clandestinité. dans des cliniques privées modernes ou dans des conditions d’hygiène déplorables, en fonction des possibilités économiques.

«Personne ne t’oblige à avorter, ne m’oblige pas à accoucher» a écrit sur une pancarte Sol Barel, une étudiante vétérinaire de 24 ans, un masque vert peint sur le visage.

Succès bleu ciel

A l’autre extrémité de la place du Congrès, les membres des organisations anti-avortement ont exulté à la publication des résultats du vote.

En réaction au foulard vert des pro-IVG, les opposants au projet de loi ont créé un foulard bleu ciel et imprimé dessus leur slogan «Sauvons les deux vies».

«La démonstration est faite, l’Argentine est pro-vie pour toujours, nous sommes ici pour défendre la vie, pour défendre l’enfant», témoigne Mariana Rodriguez Varela.

Avant le vote, des feux d’artifices ont été tirés du camp des opposants au projet de loi.

«Le plus dangereux dans ce projet de loi, c’est qu’il minimisait l’importance de la vie humaine», considère Jorge Enriquez, un retraité.

«J’enseigne le catéchisme et pour moi depuis la conception, il y a une vie humaine», confie Violeta Torres, 52 ans, mère de 4 enfants et 4 fois grand-mère, venue de La Matanza, une banlieue populaire de Buenos Aires.

Argentine : le Sénat rejette la légalisation de l’avortement

Les sénateurs argentins ont rejeté jeudi la légalisation de l’avortement dans le pays du pape François, mettant un terme aux espoirs des organisations féministes, alors que le projet de loi avait été approuvé par les députés en juin.

Trente-huit sénateurs ont dit «non» au texte prévoyant l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) pendant les 14 premières semaines de grossesse, 31 ont voté en faveur et deux se sont abstenus, selon les résultats officiels.

Liesse et larmes

Le vote a été accueilli par des feux d’artifice et des cris de joie parmi les militants anti-IVG rassemblés à Buenos Aires devant le Parlement, où se déroulaient les débats.

A l’autre extrémité de la place du Congrès, les mines étaient dépitées, les larmes coulaient sur les visages des partisans de la légalisation de l’avortement. Reste que les militants ont brisé un tabou.

Les pro-IVG étaient massivement rassemblés depuis mercredi matin aux abords du Congrès, brandissant les foulards verts, symbole des revendications d’avortement légal, libre et gratuit. Une poignée de manifestants isolés ont incendié des palettes contre une des deux rangées de grilles séparant les deux camps et lancé des pierres sur les policiers anti-émeutes.

Canicule: un bilan «plutôt rassurant» selon Buzyn

Après deux semaines de fortes chaleurs sur une large partie de l’Hexagone, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a dressé mercredi un premier bilan «plutôt rassurant» tout en appelant à «rester vigilant avec les personnes âgées» et a annoncé que l’alerte canicule allait être levée.

«Le bilan à ce jour est plutôt rassurant même si nous restons encore vigilants sur l’impact sur les personnes âgées, qui peut être un peu décalé dans le temps», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

En attendant «les chiffres définitifs de surmortalité que nous aurons en septembre», les différentes administrations n’ont fait remonter «aucun signal d’alerte inquiétant», a-t-elle assuré.

Dans les hôpitaux, les services d’urgences ont enregistré «une petite suractivité», avec en moyenne «entre 3% et 6% des passages qui étaient réellement en lien avec la canicule».

Ces recours «ont abouti à une hospitalisation dans 55% des cas», une proportion qui a atteint «80% ces derniers jours pour les personnes âgées de plus de 75 ans».

Par ailleurs, le ministère a dénombré «25 à 26 hôpitaux en tension ces derniers jours, pour des motifs variables (…) mais aucun en raison de la canicule».

Pour les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), Mme Buzyn a indiqué n’avoir reçu «aucun signal d’alerte», signe selon elle que «les méthodes de prévention mises en place après la canicule de 2003 (…) ont très bien fonctionné».

Les services dépendant du ministère de l’Intérieur ont pour leur part fait état d’une «petite suractivité» des pompiers dans «une vingtaine de départements» et des chambres mortuaires dans trois départements, mais sans «tension caractérisée», a-t-elle ajouté.

La ministre a cependant appelé à «rester vigilant avec les personnes âgées dans les deux, trois jours qui viennent» en raison du risque de décès pouvant survenir «plusieurs jours après l’épisode caniculaire».

«Je demanderai aux collectivités locales et aux associations de rester mobilisées pour contacter les personnes âgées jusqu’au weekend», a-t-elle insisté.

Les parents de jeunes enfants sont aussi appelés à «être extrêmement vigilants dans les semaines qui viennent», après l’«augmentation notable du nombre de noyades» constatée depuis le début de l’été.

Dans l’immédiat, la ministre de la Santé va «lever l’alerte» canicule et arrêter la diffusion de messages dans les médias nationaux dès mercredi.

«Puisque les choses ont l’air d’être bien maîtrisées aujourd’hui, je vais prendre quelques jours de congé», a-t-elle conclu, précisant qu’elle restera «mobilisée» car «l’été va rester chaud au moins jusqu’au mois de septembre» et qu’elle sera «évidemment prête à revenir si nécessaire».

Procès Monsanto: «Le jour de rendre des comptes» est venu

Monsanto devra-t-il payer des centaines de millions de dollars pour avoir caché la dangerosité de son désherbant au glyphosate, le RoundUp, comme l’en accuse un Américain de 46 ans malade d’un cancer en phase terminale ?

Après une journée consacrée aux plaidoiries mardi, les jurés devaient commencer mercredi leurs délibérations dans ce procès tenu devant un tribunal de San Francisco (ouest), le premier à mettre sur le banc des accusés le géant agrochimique et les liens possibles entre le cancer et ses produits au glyphosate.

Pour Brent Wisner, l’avocat de Dewayne Johnson, qui pense que son cancer incurable est dû au RoundUp et à sa version professionnelle le RangerPro, le «jour de rendre des comptes» est venu pour Monsanto.

Toutes les découvertes sur les risques cancérigènes «ont connu ce moment : lorsque la science finalement fait ses preuves, quand on ne peut plus (les) dissimuler», a dit Me Wisner mardi.

Pour lui, Monsanto a fait passer ses profits avant la santé publique en bataillant contre des études faisant état de risques cancérigènes autour du RoundUp, vendu depuis plus de 40 ans.

«Rhétorique»

Et d’établir un parallèle entre ce dossier et les stratégies utilisées dans le passé par les industriels pour nier la dangerosité du tabac ou de l’amiante.

«Pour le tabac, nous connaissons la fin de l’histoire, et nous savons comment se finira l’histoire pour Monsanto», a-t-il aussi affirmé, expliquant qu’il n’est pas nécessaire dans ce procès «de démontrer que le RoundUp est la seule cause (du cancer de son client) mais (…) seulement qu’il y a contribué».

Si Monsanto est condamné, il «devra faire quelque-chose, mener des études qu’il n’a jamais faites, et alerter les gens», a encore dit l’avocat.

Le plaignant, qui a vaporisé ces produits entre 2012 et 2014 dans le cadre de son travail dans des écoles californiennes, réclame à Monsanto plus de 400 millions de dollars en dommages et intérêts mais surtout en sommes «punitives».

Pour Monsanto, qui vient d’être racheté par l’allemand Bayer, il n’y a aucun lien entre cancer et glyphosate et donc aucune raison d’avertir d’un danger quelconque à propos de cette substance très controversée.

«Il y a eu beaucoup de grande rhétorique ici (pour dire) à quel point les choses sont horribles chez Monsanto», a argumenté mardi son conseil George Lombardi.

Mais «à moins que (Me Wisner) le relie au cancer de M. Johnson, rien de tout cela ne signifie quoi que ce soit», a-t-il asséné, notant que le diagnostic était intervenu très peu de temps après l’utilisation des produits et que donc, la maladie était plus vraisemblablement antérieure.

«Ce que disent les preuves est clair, son cancer n’a pas été causé par le RangerPro,» a-t-il insisté.

Pendant plus d’un un mois, les deux parties se sont affrontées à coups d’études scientifiques contradictoires.

S’il avait su que le produit était possiblement dangereux, M. Johnson n’aurait «jamais» utilisé du RoundUp et du RangerPro, avait témoigné ce dernier durant ce procès.

Ce père de deux enfants avait également longuement évoqué son cancer, un lymphome non hodgkinien incurable diagnostiqué en 2014 et indiqué avoir appelé, inquiet, deux fois Monsanto sans jamais être recontacté.

Si ce procès civil est le premier du genre, des milliers de procédures sont en cours aux Etats-Unis sur le même sujet, à des degrés divers d’avancement.

M. Johnson était chargé de diluer du RangerPro dans de l’eau puis de vaporiser la solution (parfois des centaines de litres par jour) pour tuer les mauvaises herbes à l’aide d’un vaporisateur électrique.

Le glyphosate fait l’objet d’études et de décisions contradictoires depuis de nombreuses années.

Contrairement à l’agence fédérale américaine de protection de l’environnement (EPA), la Californie, où se trouve San Francisco, a placé le glyphosate sur la liste des produits cancérigènes.

Le glyphosate est aussi classé «cancérigène probable» depuis 2015 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mais pas par les agences européennes, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques).

Plébiscité par les cultivateurs pour son efficacité et son faible coût, il fait particulièrement polémique en Europe et notamment en France.

En cas d’infarctus, une femme survit davantage avec un médecin femme, selon une étude

Des chercheurs de l’université de Harvard ont établi que les médecins masculins avaient des difficultés à soigner les femmes victimes d’infarctus.

Une femme faisant un malaise cardiaque aux États-Unis a davantage de chances de survie si son médecin-urgentiste est une femme. Pourquoi ? Parce que ses symptômes diffèrent de ceux des hommes et que les médecins masculins ont des difficultés à traiter des patientes, selon une étude publiée lundi.

Une différence « saisissante »

Des chercheurs de l’université de Harvard se sont en effet appuyés sur plus de 500.000 cas de personnes admises en urgence à l’hôpital pour un infarctus du myocarde aigu en Floride entre 1991 et 2010. Et ont constaté une différence « saisissante » en matière de survie lorsque le genre du patient et de son médecin est semblable ou non.

En l’occurrence, lorsqu’une femme était prise en charge par un médecin féminin, « il y a avait un effet important et positif sur la survie », selon les conclusions publiées dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS). Près de 12% des patients meurent après avoir été traités en urgence pour une crise cardiaque. Mais associer une patiente avec un médecin féminin a « réduit la probabilité de décès de 5,4% par rapport à cette référence ».

« Les médecins masculins ont des difficultés à soigner les patientes »

De précédentes études avaient montré que les femmes étaient davantage susceptibles de succomber à une crise cardiaque que les hommes. La raison à cette disparité ? Certains experts ont suggéré que c’est parce que les symptômes des femmes sont différents de ceux ressentis par les hommes, ou qu’elles ont tendance à attendre davantage que les hommes avant de se faire soigner. Mais l’étude de Harvard avance une nouvelle explication : « La plupart des médecins sont des hommes et les médecins masculins ont des difficultés à soigner les patientes ».

Ils ont déterminé que plus un médecin masculin avait soigné de femmes au cours de sa carrière, moins ses patientes étaient susceptibles de trépasser. Mais attendre qu’un médecin acquière assez d’expérience en la matière, c’est risquer la vie de ses patientes en attendant, ont souligné les chercheurs. Le problème est que la plupart des médecins sont des hommes, donc associer patientes et femmes médecins n’est pas une solution facile à mettre en pratique, selon eux. « Étant donné le coût (humain) de l’apprentissage des médecins masculins sur le tas, il pourrait être plus efficace d’augmenter la présence de médecins femmes » dans les services d’urgence, ont-ils suggéré.