Canicule: l’été, saison à risque pour les ministres de la Santé

Afficher sa mobilisation face à la canicule, ressasser les messages de prévention, garder l’oeil sur les urgences : l’été est une saison à risque pour tout ministre de la Santé, et Agnès Buzyn joue la carte de l’omniprésence.

Dans toutes les mémoires reste la désastreuse image de Jean-François Mattéi tentant, depuis sa villa provençale, de rassurer les Français en pleine canicule de 2003. Exactement ce qu’il ne faut pas faire : être en vacances au beau milieu d’une crise.

Alors, la ministre occupe le terrain médiatique.

«Elle fait le job. Parce que l’important pour les ministres, depuis la calamiteuse prestation de Jean-François Mattéi, c’est de montrer qu’ils sont là, qu’ils ne minimisent pas le problème, qu’ils vont sur le terrain, qu’ils s’assurent que tout est en place», estime Arnaud Mercier, professeur de communication politique à Paris II.

Difficile de manquer Mme Buzyn jeudi, à la télévision ou à la radio.

«Nous sommes bien mieux armés : il y a maintenant un plan national canicule qui s’active dans tous les départements touchés», disait-elle sur France Inter le matin.

«L’ensemble des services de l’État, les grandes associations, sont très mobilisés pour diffuser les messages de prévention. On est prêt», appuyait-elle sur RTL le midi, depuis Nîmes.

Et dans l’après-midi, elle donnait une conférence de presse, toujours pour répéter que tout le monde était sur le pont.

Dès le début de cette vague de chaleur, elle affirmait sa vigilance. «Pour l’instant, il n’y a pas d’afflux aux urgences, nous surveillons ça tous les jours», disait-elle le 25 juillet, depuis un Ehpad d’Issy-les-Moulineaux.Cette surveillance incombe à Santé publique France, qui diffuse pour le grand public des points de situation nationaux intitulés «Système d’alerte canicule et santé».

Le dernier en date, mercredi, précisait qu’il était trop tôt pour compter les morts éventuels dus à la vague de chaleur: «l’impact sur la mortalité ne sera disponible qu’au minimum un mois après la fin de l’épisode».

Heures de grande écoute

L’homme qui avait lancé un cri d’alarme retentissant en 2003, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf) Patrice Pelloux, se montre cependant sceptique sur l’efficacité des mesures prévues par le ministère.

«Avec cette communication, Agnès Buzyn est dans son rôle de ministre, de dire que tout a été fait», juge-t-il. «Le problème qu’on a, c’est que, autant la société s’est adaptée, elle a compris les dangers d’une canicule, avec les médias qui en parlent, les collectivités locales qui agissent, autant là où je ne suis pas d’accord avec la ministre, c’est que l’hôpital est en crise».

«Évidemment il y a des plans canicule qui sont écrits. Mais si les prévisions météo de la semaine prochaine» sont exactes, «il va y avoir gros embouteillage aux urgences. Et on ne voit pas où on va aller chercher le personnel», dit-il.

Pour Thierry Herrant, professeur de communication publique à Sciences Po Paris, «en 2003 l’erreur du ministère de la Santé avait été de voir Patrick Pelloux comme un syndicaliste enfermé dans son rôle qui réclamait des moyens. Aujourd’hui, compte tenu du risque politique d’une canicule, le gouvernement met les moyens», affirme-t-il.

Il a par exemple fait diffuser des spots télévisés et radio sur la prévention. «Le dispositif est suffisamment massif pour toucher beaucoup de Français, à des heures de grande écoute. Et cela à des tarifs préférentiels», remarque Thierry Herrant.

Mme Buzyn a prévu de partir en vacances les deux prochaines semaines, d’après son ministère.

«Mais si ça se trouve, elle ne partira pas. Tout dépendra de la situation! Une des choses les plus importantes pour un ministre, pendant toute crise, c’est d’être vu en train d’agir», prévient Arnaud Mercier.

Valsartan : les erreurs d’un labo chinois pourraient provoquer des cancers en Europe

Les impuretés contenues dans une molécule fabriquée en Chine pour l’industrie pharmaceutique, le valsartan, vont provoquer des cas de cancer en Europe, a prévenu jeudi l’Agence européenne des médicaments (EMA).

Le problème pointé du doigt par l’Agence européenne des médicaments (EMA)vient du valsartan, principe actif de médicaments pour patients en cardiologie(insuffisance cardiaque, hypertension artérielle, infarctus cardiaque récent).

Une substance cancérogène

Le 18 juillet, le laboratoire chinois Huahai avait rappelé dans le monde entier cette molécule, en raison de la présence de N-nitrosodiméthylamine (NDMA), une substance classée comme probablement cancérogène pour l’homme en cas d’utilisation prolongée. « À l’issue d’une évaluation préliminaire, l’EMA estime qu’il pourrait y avoir un cas supplémentaire de cancer sur 5.000 patients prenant les médicaments touchés à la plus haute dose de valsartan (320 mg) chaque jour pendant sept ans », a écrit l’agence européenne dans un communiqué.

Pas d’indication sur le nombre de personnes concernées

L’EMA a indiqué ne pas savoir combien de patients cela concernerait, car elle attend des analyses qui permettront de déterminer la concentration de NDMA dans les médicaments en question. Pour le moment, elle a dit se fonder « sur les niveaux moyens de cette impureté détectés dans la substance active par Zhejiang Huahai Pharmaceuticals (60 parties par million) » et sur « des études sur des animaux ». Par ailleurs, la molécule ayant été retirée du marché, l’EMA a insisté pour que les patients continuent leur traitement.

« Pas de risque immédiat »

« Il est important de noter qu’il n’y a pas de risque immédiat pour les patients. Ceux qui prennent les médicaments touchés et ne sont pas encore passés à un autre ne doivent pas cesser de prendre leur traitement sans consulter leur médecin ou pharmacien », a-t-elle souligné. Les autorités européennes pensent que l’impureté « s’est introduite comme produit secondaire après des changements effectués par Zhejiang Huahai dans son processus industriel en 2012 », a expliqué l’EMA.

Listeria : une salade contaminée chez McDonald’s, dans un lot vendu du 9 au 14 juillet

Le géant de la restauration rapide a annoncé avoir décelé la présence de listeria dans une salade « Chicken Caesar » au sein d’un lot vendu du 9 au 14 juillet dans toute la France.

Le géant de la restauration rapide McDonald’s annonce mercredi avoir décelé lors d’un contrôle interne, la présence de listeria dans une salade « Chicken Caesar » au sein d’un lot vendu du 9 au 14 juillet dans toute la France.

Après avoir cessé de vendre le 15 juillet les produits issus de ce lot fourni par la société Florette Food Services (FFS), son « partenaire français historique », la chaîne de restauration a décidé d’informer ses clients sur son site internet mcdonalds.fr, et en apposant des affichettes d’information dans ses restaurants, annonce-t-il. La liste des dizaines de restaurants ayant commercialisé cette salade, dans 12 régions, sur la période concernée, est disponible en ligne.

Fièvre isolée ou accompagnée de maux de tête

La chaîne de restauration rapide invite ses clients l’ayant consommée aux dates indiquées, à prendre contact avec son service consommateur au 0800 000 175 et leur conseille « p ar mesure de précaution et uniquement en cas de fièvre, isolée ou accompagnée de maux de tête », de consulter leur médecin traitant. « Ces symptômes peuvent évoquer une listériose, maladie qui peut être grave et dont le délai d’incubation peut aller jusqu’à huit semaines », rappelle-t-elle. Toutefois, « toutes les autres analyses effectuées tout au long de la chaîne, sur le lot concerné, au cours de la journée et du mois de production, se (sont) révélées conformes à la réglementation », assure McDonald’s.

Progrès encourageant vers un vaccin contre le VIH

Désormais considéré comme sûr pour l’homme, un vaccin expérimental doit désormais être testé sur 2.600 femmes en Afrique australe. 

Des chercheurs ont fait état samedi d’un progrès encourageant dans la lutte contre le sida, un vaccin expérimental contre le VIH ayant provoqué une réaction immunitaire chez des humains et protégé des macaques de l’infection. Le développement de ce potentiel vaccin, sûr pour l’homme, est maintenant suffisamment avancé pour lancer un test sur 2.600 femmes en Afrique australe.

« Nous devons rester prudents »

« Ces résultats représentent une étape importante », a souligné le directeur de l’étude, le virologue Dan Barouch, dans un communiqué de la revue The Lancet. Rejoint par d’autres experts, il a cependant prévenu qu’il n’y avait aucune garantie que les tests suivants soient aussi positifs. « Nous devons rester prudents », a-t-il déclaré à l’AFP. Deux tiers des macaques rhésus ont été protégés par le vaccin dans les tests de laboratoire.

Les résultats du test grandeur nature, appelé Imbokodo (rocher, en zoulou), sont attendus en 2021 ou 2022. « Ce sera seulement le cinquième concept de vaccin contre le HIV dont l’efficacité sera testé dans les 35 ans et quelques d’histoire de l’épidémie », a souligné le Professeur Barouch.

393 adultes testés

Un autre, appelé RV144, a montré qu’il protégeait l’homme du VIH dans une certaine mesure. En 2009, une étude indiquait qu’il avait réduit de 31,2% le risque d’infection chez 16.000 volontaires en Thaïlande. L’étude publiée samedi rapporte les résultats d’un test chez 393 adultes en bonne santé, séronégatifs, âgés de 18 à 50 ans en Afrique de l’Est, Afrique du Sud, Thaïlande et aux États-Unis.

Quelque 37 millions de personnes vivent avec le VIH ou le sida, d’après l’Organisation mondiale de la santé, et 1,8 million de cas sont contractés chaque année. La maladie a tué quelque 35 millions des 80 millions de personnes qu’elle a infectées depuis qu’elle a été diagnostiquée pour la première fois au début des années 1980.

Canicule : chaleur et médicaments ne font pas bon ménage

Les premiers médicaments dont il faut se méfier sont les diurétiques, prescrits à de nombreux malades hypertendus. Le problème, c’est qu’ils accentuent la perte d’eau dans l’organisme.

38 degrés attendus vendredi dans la vallée du Rhône. Cette vague de chaleur, qui touche toute la France, nécessite de prendre des précautions avec certains médicaments, notamment ceux contre l’hypertension.

Les diurétiques accentuent la perte d’eau dans l’organisme

Avec la canicule, les premiers médicaments dont il faut se méfier sont les diurétiques, prescrits à de nombreux hypertendus. Le problème, c’est qu’ils accentuent la perte d’eau dans l’organisme. Il n’est toutefois pas question d’arrêter le traitement, il faut s’hydrater davantage.

Il faut également redoubler de vigilance si vous prenez des antidépresseurs, des antimigraineux ou bien encore certains antiallergiques car ils limitent la formation de sueur, or transpirer est le meilleur moyen de se rafraîchir.

Ne pas mettre les médicaments dans le coffre surchauffé de la voiture

Au moment de prendre la route, il faut également veiller à ne pas mettre la trousse de médicament dans le coffre surchauffé. « Il faut un petit sac ou une glacière de type camping et on ne met pas en contact directement les médicaments avec les blocs réfrigérant pour éviter qu’ils ne gèlent », explique au micro d’Europe 1 François Chast, pharmacologue. « On peut emballer les médicaments dans une feuille de papier journal pour éviter un contact direct », poursuit-il.

Levothyrox : la nouvelle formule sera bien lancée en Europe en 2019

Le laboratoire Merck prévoit de lancer la nouvelle formule du Levothyrox dans 21 pays de l’UE à partir de 2019, malgré les réticences et plaintes de nombreux patients.

« La procédure européenne d’évaluation approfondie a abouti à un avis positif pour l’introduction de la nouvelle formule du Levothyrox dans les 21 États-membres concernés », a indiqué cette semaine le laboratoire Merck, entérinant la mise sur le marché du médicament en Europe, malgré les nombreuses plaintes de patients.

En France, le premier pays où elle a été introduite, au printemps 2017, la nouvelle formule de ce médicament pour la thyroïde a suscité une vive polémique. Des patients l’accusent d’avoir provoqué une vague d’effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires et chute de cheveux).

« Merck va continuer de surveiller et d’examiner l’expérience des patients avec la nouvelle formule sur les marchés sur lesquels elle va être lancée »

Merck a indiqué s’être « déjà conformé à toutes les étapes obligatoires requises par les autorités sanitaires locales pour lancer la nouvelle formule ».

Selon le laboratoire, l’avis positif a été rendu le 18 juillet par le BfArM, l’Institut fédéral allemand pour les médicaments et dispositifs médicaux. Il avait été « chargé du processus d’approbation et de la vérification des données » par l’Agence européenne du médicament (EMA).

« Les approbations nationales seront délivrées à la suite de cette recommandation », a précisé Merck. Cette procédure européenne concerne 21 des 28 pays de l’UE. 

« Après les autorisations nationales respectives, nous prévoyons de lancer la nouvelle formulation (…) dans les 21 pays à partir de 2019 », a ajouté Merck, selon qui « le lancement en Allemagne est prévu pour le premier semestre ».

Trois rapports de « pharmacovigilance » en France

Hors de France, seul pays où cette spécialité s’appelle Levothyrox, ce médicament est commercialisé sous le nom d’Euthyrox.
Depuis le début de la crise sanitaire qu’elle a provoquée, la nouvelle formule du Levothyrox a fait l’objet de trois rapports de « pharmacovigilance » en France, à la demande de l’Agence du médicament (ANSM).

Tous trois ont abouti à la même conclusion: les effets indésirables sont identiques à ceux déjà connus avec l’ancienne formule mais en nombre bien supérieur, et rien ne permet d’expliquer cette augmentation.

Avant le changement de formule, le Levothyrox était en situation de quasi-monopole en France. Aujourd’hui, quatre concurrents à sa nouvelle formule sont disponibles: L-thyroxin Henning, Thyrofix, L-thyroxine SERB et TCAPS.

L’affaire fait l’objet de plusieurs procédures en justice. Environ 1.200 patients mécontents ont porté plainte contre Merck.
Le Conseil d’État a par ailleurs rejeté jeudi la demande de patients qui réclamaient en urgence des mesures pour assurer la disponibilité de l’ancienne formule.

Le cannabis thérapeutique va être autorisé au Royaume-Uni

La cannabis thérapeutique va être autorisé au Royaume-Uni sur prescription à partir de l’automne, a annoncé jeudi le ministre britannique de l’Intérieur Sajid Javid.

«Cela aidera les patients avec des besoins médicaux spécifiques mais cela ne constitue en aucun cas un premier pas vers la légalisation du cannabis à usage récréatif», a déclaré le ministre dans un communiqué.

Plusieurs cas de personnes malades se soignant illégalement à l’aide de produits dérivés du cannabis, dont deux enfants souffrant d’épilepsie, Alfie Dingley et Billy Caldwell, prenant de l’huile de cannabis, avaient récemment été médiatisés.

Le ministre a demandé l’avis de deux groupes d’experts indépendants avant de se décider.

«Rendre le cannabis thérapeutique disponible sur ordonnance va améliorer la vie des patients qui souffrent actuellement en silence. Il n’y a rien de plus difficile que de voir ses proches souffrir, c’est pourquoi j’ai pris cette décision», s’est justifié le ministre sur Twitter.

La mère de Billy Caldwell s’est réjoui de cette nouvelle «fantastique» qui tombe le jour où son fils fête ses treize ans. «Mon petit garçon Billy va maintenant pouvoir vivre une vie normale avec sa maman grâce au simple fait de lui administrer quelques gouttes par jour d’un médicament naturel longtemps décrié mais tout à fait efficace».

Le cannabis, qui était classé comme une drogue n’ayant pas de valeur thérapeutique, va changer de catégorie.

Le Département des soins de santé et sociaux (DHSC) et l’Agence de réglementation des médicaments et produits de santé (MHRA) vont maintenant «définir clairement ce qui constitue un médicament dérivé du cannabis» afin que ceux-ci puissent être prescrits, a indiqué le ministère. «Les autres formes de cannabis seront strictement contrôlées et ne seront pas disponibles sur ordonnance», précise le ministère.

Mike Penning, co-président d’un groupe parlementaire transpartisan sur le cannabis à usage médical s’est dit «heureux» que le ministre ait «agi si vite».

«Cette annonce apporte de l’espoir à plusieurs milliers de personnes», a-t-il poursuivi. «Cependant, il reste un travail très important (à accomplir) pour définir exactement quels produits seront autorisés et comment ils seront réglementés».

Plusieurs autres pays européens ont légalisé le cannabis thérapeutique, comme l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande ou l’Italie.

Cette décision du gouvernement conservateur britannique sera «largement saluée par la communauté des chercheurs», a réagi le Dr Tom Freeman, chercheur au King’s College de Londres. Elle «aura un impact considérable sur la recherche en facilitant le développement de médicaments plus sûrs et plus efficaces», a-t-il ajouté.

VIH: la justice de l’UE ouvre la voie aux génériques du Truvada

Une décision de justice européenne a ouvert la voie à l’autorisation dans toute l’Europe des génériques du Truvada, médicament utilisé par les séropositifs et en prévention contre le virus VIH, à la satisfaction des associations de lutte contre le sida.

«Cette décision historique (…) met fin à un monopole indu», ont réagi les associations Coalition PLUS et Aides dans un communiqué.

Le Truvada, du laboratoire américain Gilead, est l’un des médicaments les plus utilisés pour traiter les séropositifs. C’est aussi le seul autorisé en Europe dans un but préventif pour les séronégatifs (dans le cadre d’un dispositif appelé Prep, pour «prophylaxie pré-exposition», visant à éviter de contracter le virus VIH).

Les brevets européens sur ce médicament ont expiré le 25 juillet 2017, permettant en théorie l’arrivée de génériques.

Mais dans certains pays d’Europe, Gilead continue d’exercer un monopole en vertu d’un «certificat complémentaire de protection» (CCP), mécanisme permettant d’allonger la période d’exclusivité d’un médicament.

Au Royaume-Uni, la validité de ce CCP a été attaquée en justice par quatre laboratoires concurrents (Teva, Accord Healthcare, Lupin et Mylan).

La justice britannique a demandé à la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de se prononcer, ce qu’elle a fait dans un arrêt rendu mercredi.

Cet arrêt s’appuie sur une subtilité juridique liée au brevet du Truvada. Ce médicament combine deux antirétroviraux, le ténofovir disoproxil (TD) et l’emtricitabine. Or, seul le premier est explicitement mentionné dans le brevet de base.

Le juge européen a estimé que les conditions d’un CCP n’étaient pas remplies car la combinaison des deux principes actifs n’était pas explicitement mentionnée dans le brevet.

C’est sur le même raisonnement que s’était déjà appuyée la justice française en septembre. Elle avait rejeté une demande de Gilead, qui voulait faire interdire la commercialisation du générique du Truvada lancée en France par le laboratoire Mylan.

Depuis, cinq génériques sont disponibles sur le marché français, avec comme conséquence une importante baisse des prix (environ 160 euros la boîte contre plus de 400 pour le Truvada quand il avait le monopole).

«En France, ce sont plus de 760 millions d’euros que l’utilisation des génériques du Truvada aura permis d’économiser», a fait valoir l’association Aides.

«Au niveau européen, cette décision de la CJUE se chiffrera en milliards d’euros d’économie et devrait ouvrir la voie à la Prep partout en Europe, évitant ainsi des milliers de contaminations», selon elle.

Canicule au Japon: 15 morts et des milliers d’hospitalisations

La canicule a fait au moins 15 morts au Japon durant les deux premières semaines de juillet tandis que 12.000 personnes ont été hospitalisées, selon des chiffres officiels publiés dimanche au moment où le thermomètre affichait près de 40 degrés Celsius dans de nombreuses villes.

Douze personnes ont péri dans la semaine achevée le 15 juillet, pour plus de 9.900 hospitalisations, trois personnes sont mortes la semaine précédente, pour 2.700 hospitalisations, selon l’agence de gestion des catastrophes.

Mais l’heure n’était pas au rafraîchissement.

D’après l’agence Kyodo News, au moins 11 personnes sont décédées durant la seule journée de samedi, pour la plupart des personnes âgées.

L’agence météorologique a annoncé que les températures dépassaient dimanche après-midi les 35 degrés en 233 points de l’archipel. A Gugo, dans le centre du Japon, il faisait 39,8 degrés et dans plusieurs quartiers de Tokyo, le thermomètre dépassait les 37 degrés.

L’agence a lancé une alerte aux fortes chaleurs pour la plupart des régions de la principale île de l’archipel. «Les risques de coups de chaleur sont particulièrement élevés», a-t-elle dit, appelant les gens à boire beaucoup et se servir de la climatisation.

Le ministère de l’Education a demandé aux écoles de renoncer aux activités en extérieur pendant les fortes chaleurs. Un garçon de six ans est mort la semaine dernière d’un coup de chaleur lors d’une sortie scolaire.

Bayer arrête la commercialisation des implants de stérilisation Essure aux Etats-Unis

Le groupe pharmaceutique Bayer ne commercialisera plus ses implants de stérilisation Essure, mis en cause pour des supposés effets indésirables, aux Etats-Unis, dernier pays où le produit était encore disponible.

La décision intervient en raison d’un «déclin des ventes ces dernières années», affirme la branche américaine du groupe allemand dans un communiqué publié vendredi.

La commercialisation d’Essure avait été arrêtée en septembre 2017 partout sauf aux Etats-Unis.

Ces petits implants de stérilisation définitive en forme de ressorts sont présentés comme une alternative à la ligature des trompes, en particulier parce que leur implantation ne requiert généralement pas d’anesthésie générale.

Le produit est cependant contesté par certaines femmes, notamment en France et aux Etats-Unis, en raison d’effets indésirables parfois graves survenus après leur implantation (saignements, douleurs, forte fatigue, réaction allergique, dépression…).

«Plusieurs facteurs ont contribué au déclin de l’intérêt pour Essure de la part de femmes aux Etats-Unis», explique Bayer, évoquant «un recul de l’utilisation de contraception permanente» ou encore «l’augmentation de l’utilisation d’autres formes de contraception», mais aussi «une publicité inexacte trompeuse».

L’Agence américaine du médicament (FDA) avait déjà demandé en avril à Bayer de limiter la vente de ce dispositif aux seuls praticiens s’engageant à mettre en garde leurs patients sur le risque élevé d’effets secondaires.

«La FDA continue de penser que le bénéfice de ce dispositif est supérieur aux risques encourus», a indiqué, suite à la décision de Bayer, l’agence américaine sur son site internet. La FDA mentionne aussi 26.773 «rejets et problèmes» liés à Essure rapportés entre novembre 2002 et janvier 2018.

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait préconisé l’année dernière «par mesure de précaution de ne plus implanter» Essure, et demandé aux laboratoires de «procéder au rappel des produits en stock».