Dons du sang insuffisants pendant la Coupe du monde et la vague de chaleur

Compte tenu des fortes chaleurs et de la Coupe du monde, les réserves de sang sont « faibles », alerte l’Établissement français du sang (EFS) qui lance mardi un « appel d’urgence » pour reconstituer ses stocks.

La Coupe du monde et les températures élevées ont fait dangereusement baisser les dons de sang, a affirmé l’Établissement français du sang, qui a lancé mardi un « appel d’urgence » pour reconstituer les réserves.

Des « réserves faibles »

« La mobilisation des donneurs n’a (…) pas été suffisante à ce jour compte tenu des fortes chaleurs et de l’actualité liée à la Coupe du monde de football », a écrit l’EFS dans un communiqué. « L’EFS lance un appel d’urgence et invite les donneurs à se déplacer massivement dès maintenant dans les sites fixes et les collectes mobiles pour donner leur sang et garantir ainsi un niveau satisfaisant de produits sanguins », a-t-il ajouté. Sans donner de chiffres, l’organisme public parle de « réserves faibles ».

Des dons périmés au bout de cinq jours

Le don doit être régulier pour couvrir les besoins des patients qui nécessitent une transfusion sanguine, qu’ils soient malades ou blessés. La durée de vie des produits sanguins est en effet limitée à cinq jours pour les plaquettes et 42 jours pour les globules rouges. « Nous avons besoin de vous dans le cadre des collectes événementielles organisées partout en France et en particulier dans les stations balnéaires et dans les 123 sites fixes de l’EFS », a souligné l’établissement.

Piqûres de tiques : rupture de stock des vaccins pour enfants

Le vaccin qui permet de prévenir les encéphalites à tiques chez l’enfant est en rupture de stock en France. Il sera remis à disposition à partir de fin juillet. 

L’unique vaccin pour prévenir les encéphalites à tiques chez l’enfant, recommandé pour certains voyages, est en rupture de stock jusqu’à fin juillet au plus tôt, a annoncé mardi l’Agence nationale du médicament (ANSM). « Rupture de stock depuis le 9 juillet », indique l’ANSM sur son site Internet, à propos du vaccin Ticovac 0,25 ml enfants, du laboratoire Pfizer. « Remise à disposition contingentée prévue à partir de la semaine du 30 juillet », ajoute l’agence.

Infections graves du cerveau

Les encéphalites à tiques sont des maladies virales transmises par la piqûre de ces insectes. Elle peuvent provoquer des infections graves du cerveau ou de la moelle épinière et des méninges. La vaccination est recommandée par les autorités sanitaires françaises en cas de voyage « en zone rurale ou boisée dans les régions d’endémie (Europe centrale, orientale et septentrionale, nord de l’Asie centrale, nord de la Chine, nord du Japon) du printemps à l’automne ».

Vaccination pas nécessaire en France

Sont donc concernés deux pays frontaliers de la France, la Suisse et l’Allemagne, et de nombreux autres, jusqu’à la Suède et la Finlande vers le Nord, la Grèce vers le Sud, et le Japon vers l’Est. En France, cette vaccination n’est en revanche pas nécessaire, la maladie étant très rare (trois cas par an environ d’après les chercheurs). Le vaccin Ticovac pour les adolescents et adultes (0,5 ml) est également en rupture de stock, et cela « depuis le 19 juin ». Mais il reste un vaccin concurrent disponible en pharmacie, Encépur, des laboratoires GlaxoSmithKline, qui peut être injecté à partir de l’âge de 12 ans.

Levothyrox : Merck assigné en justice par 42 patients à Toulouse

Cette assignation, déposée le 6 juillet, est une assignation à jour fixe, ce qui signifie que le dossier sera examiné au fond, mais de manière accélérée.

Vendredi 6 juillet, quarante-deux plaignants du Levothyrox ont assigné le laboratoire Merck devant le tribunal de grande instance de Toulouse, réclamant des indemnités, des expertises et le maintien de la commercialisation de l’ancienne formule, a appris l’AFP mardi auprès de leur avocat.

Saisine acceptée dans l’urgence par la présidence du tribunal

La présidence du tribunal a accepté cette saisine dans l’urgence et a fixé l’audience au 19 juillet à 14 heures, a indiqué l’avocat des plaignants, Me Jacques Lévy. Le Levothyrox, prescrit contre l’hypothyroïdie, a changé de formule en France en mars 2017. À partir de juillet et août, des milliers de patients ont commencé à signaler des effets secondaires parfois très gênants (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, douleurs articulaires et musculaires et chute de cheveux).

« Préjudice d’anxiété »

« Pendant plusieurs mois les demandeurs ont souffert de troubles graves dans la totale ignorance des causes de ces derniers », il est donc « manifeste que l’ensemble des victimes a droit à obtenir réparation du préjudice subi, en premier lieu, un préjudice d’anxiété », peut-on lire dans l’assignation. Par ailleurs, « en n’informant pas les patients des risques que pouvait provoquer le nouveau Levothyrox, il est incontestable que ces derniers ont subi un préjudice moral qu’il convient de réparer ».

Versement de 15.000 euros demandé pour chaque plaignant

Ainsi, les plaignants réclament le versement de 15.000 euros à chacun des demandeurs au titre du préjudice d’anxiété et 15.000 euros au titre du préjudice moral. En outre, ils réclament le maintien de la commercialisation de l’ancienne formule et demandent au tribunal d’ordonner une expertise afin de pouvoir fixer le préjudice corporel subi par les demandeurs.

La Réunion : déclenchement du niveau 4 du plan Orsec contre la dengue

Le passage au niveau 4, le dernier avant l' »épidémie de masse », prévoit notamment l’activation du régiment du service militaire adapté en appui des actions de lutte anti-vectorielle.

Le préfet de La Réunion a déclenché mardi le niveau 4 du dispositif contre la dengue, qui prévoit un renforcement de la mobilisation et de la prévention contre le moustique vecteur de la maladie. Le passage au niveau 4, le dernier avant l' »épidémie de masse », prévoit l’activation du régiment du service militaire adapté (RSMA) en appui des actions de lutte anti-vectorielle. Des contrats aidés « Parcours emploi compétence » (Pec), financés à hauteur de 80 à 90% par l’Etat, seront également attribués aux associations spécialisées dans les opérations de nettoyage de l’espace public.

Quelque 5.970 cas de dengue confirmés

Les actions de communication et d’information auprès des médecins, des laboratoires et du public seront renforcées. Des répulsifs seront aussi distribués auprès de publics cibles. Ce train de mesures a été décidé en raison de la poursuite de l’épidémie dengue à un niveau élevé malgré l’arrivée en juin dernier de l’hiver austral, une saison défavorable pour les moustiques. Du début de l’année au 10 juillet, 5.970 cas de dengue confirmés biologiquement ont été recensés. 124 malades ont dû être hospitalisés.

« Plus de 18.000 consultations pour dengue »

Ces chiffres seraient en deçà de la réalité. « Les médecins reçoivent en consultations beaucoup de patients présentant les symptômes de la dengue », déclare Luce Menudier, épidémiologiste la cellule d’intervention en région (Cire) Santé publique France. « Nous ne sommes à plus de 18.000 consultations pour dengue », affirme-t-elle.

« Dispersion de plus en plus important du nombre de cas »

« On observe aussi une dispersion de plus en plus importante du nombre de cas sur l’île, notamment dans le Nord et le Sud », indique Marie-Amélie Vauthier Bardinet, directrice de cabinet du préfet de La Réunion. Le maintien d’une circulation du virus pendant l’hiver fait peser le risque d’une « explosion épidémique au cours de l’été prochain. L’idée est de profiter de la saison froide pour éradiquer le virus  » ajoute-t-elle.

Un risque d’une « endémicité » de la maladie

Si cet objectif n’est pas atteint, dès le retour de la saison chaude le risque serait d’avoir à faire face à une épidémie majeure, comme ce fut le cas avec le chikungunya en 2005 – 2006. Plus de 260.000 habitants, le tiers de la population, avaient été contaminés. 225 personnes étaient mortes de la maladie.

Le second risque serait le développement d’une « endémicité » de la dengue. « Le virus continuerait à circuler et reviendrait chaque année », souligne le docteur François Chieze, directeur de la cellule de veille et sécurité sanitaire à l’Agence régionale de santé.

Médicaments : la Haute autorité de santé veut revoir certains remboursements

Dans son premier rapport « d’analyse prospective », la Haute autorité de santé plaide pour un déremboursement « plus dynamique » mais aussi « réversible » avec une « forte volonté politique ». 

Trancher vite et sans états d’âme : la décision de remboursement d’un produit de santé doit être « plus dynamique », mais aussi « réversible », en particulier pour les médicaments innovants, estime la Haute autorité de santé (HAS) dans un rapport publié mardi.

Le cas des médicaments anti-Alzheimer comme exemple

« Le déremboursement peut être mal perçu », mais « il faut pouvoir accepter (…) que le progrès attendu ne soit pas au rendez-vous », explique la HAS dans son premier rapport « d’analyse prospective ». Ce document préconise « une gestion plus dynamique du panier de biens et services de santé pris en charge » par l’assurance-maladie, qui devra « être portée par une forte volonté politique ». Une référence implicite au cas des médicaments anti-Alzheimer, qui seront déremboursés le 1er août, près de deux ans après l’avis en ce sens de la HAS.

Des décisions prises après évaluation

Au moment de cette décision, fin mai, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait promis que « le débat (aurait) lieu (…) cet été » sur « ce que nous avons envie de payer, où on met l’argent public, où on rend service aux Français ». Pour la HAS, ces décisions doivent être prises « chaque fois qu’une évaluation met en évidence la nécessité de le faire », notamment « quand les données collectées en vie réelle (…) ne confirment pas le service attendu ».

Le système « coûteux » de la « liste en sus » dans les hôpitaux

La HAS vise particulièrement la « liste en sus » des hôpitaux, censée « assurer un meilleur accès » des patients à « certains produits innovants et onéreux ». Mais ce système est « coûteux » (4,8 milliards d’euros en 2015 dont 3 milliards pour les médicaments) et souffre de « dysfonctionnements ». « Des produits qui ne sont plus brevetés, ou en passe de ne plus l’être (…) sont largement prescrits et restent payés au premier euro », alors qu’ils devraient être « retirés de cette liste ».

Sida : pour l’Inspection générale des affaires sociales, l’ANSM a trop tardé avant d’autoriser le Truvada

Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, la procédure pour autoriser l’utilisation d’un traitement anti-VIH préventif, le Truvada, a été trop longue. Des centaines de contaminations auraient pu être évitées.

Trente-cinq mois. C’est le temps « anormalement long » qu’a duré l’instruction en France pour autoriser l’utilisation du Truvada, un médicament qui prévient la contamination au VIH d’une personne séronégative lors de rapports sexuels à risques, selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) que Le Monde s’est procuré.

Un processus qui a traîné en longueur

Le 24 janvier 2013, l’association AIDES saisit l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). À ce moment, le Truvada suscite le scepticisme, notamment de certaines associations de lutte contre le Sida. Dès lors, une cascade de lenteurs vont venir enliser le processus. Selon Le Monde, il faut quatre mois au laboratoire fabriquant le Truvada pour qu’il fournisse les documents nécessaires à l’instruction du dossier par l’ANSM.

Puis, pendant neuf mois, « aucun acte de procédure discernable n’est intervenu » de la part de l’agence. L’association Aides relance l’ANSM le 21 mai 2014, et ne reçoit une réponse de Marisol Touraine, alors ministre de la Santé, que le 7 juillet. Deux semaines plus tard, enfin, un comité scientifique est nommé par l’ANSM « afin de préparer la procédure spéciale dite de ‘recommandation temporaire d’utilisation’ par laquelle l’ANSM peut encadrer des prescriptions non conformes à l’autorisation de mise sur le marche », précise Le Monde.

Le 15 janvier 2015, soit quasiment deux ans après la saisine de l’ANSM par l’association AIDES, les membres du comité sont nommés et entament leurs travaux, qui s’achèveront fin 2015. Le feu vert à l’utilisation du Truvada n’est donné qu’en novembre 2015, et celle-ci n’est effective qu’en janvier 2016. Soit trois ans après la saisine.

Des contaminations qui auraient pu être évitées

Pour Bruno Spire, ancien président de l’association Aides, interrogé par France Inter, « l’administration, et de nombreux membres du corps médical, ont une responsabilité dans le fait que des personnes ont été contaminées pendant cette période alors qu’elles auraient pu bénéficier d’un accès précoce ». Le Monde rappelle que le retard pris par l’ANSM dans ce dossier est « d’autant plus étonnant que la prévention médicamenteuse n’est une nouveauté ni en médecine en général ni dans le domaine du VIH ».

Selon le rapport de l’IGAS, qui se base sur des données de la direction générale de la santé, le nombre de contaminations évitées (grâce à ce traitement) serait potentiellement de « 1.666 à 4.000 ». Aujourd’hui, environ 7.000 personnes en France utilisent le Truvada comme médicament préventif. Pour rappel, la France a été le premier pays en Europe à autoriser le Truvada.

Cardiologie : rappel par précaution de certains médicaments à base de valsartan

Environ 1,3 million de patients sont concernés, soit près de la moitié des patients traités en France avec cette molécule. 

Certains médicaments à base de valsartan, utilisés en cas d’insuffisance cardiaque, d’hypertension artérielle et après un infarctus cardiaque récent, font l’objet d’un « rappel » par précaution, en raison de la présence d’une impureté décelée chez le fabricant chinois, a indiqué vendredi l’Agence du médicament.

« Il n’y a pas de risque de toxicité aiguë pour le patient. Les patients ne doivent pas arrêter leur traitement », a dit le Dr Dominique Martin, patron de l’Agence du médicament ANSM. Environ 1,3 million de patients sont concernés, soit près de la moitié des patients traités en France avec cette molécule. Neuf laboratoires sont concernés.

Uniquement des génériques concernés

Cette mesure de retrait des produits dans les pharmacies « concerne à peu près la moitié des spécialités à base de valsartan, tous des génériques », ajoute Dominique Martin. L’anomalie a été signalée par l’Agence européenne du médicament (EMA). Avec elle, les États Membres de l’Union européenne ont décidé collectivement et de manière concertée ce rappel des lots des médicaments impactés par ce « défaut » sur l’ensemble du territoire européen.

Une impureté retrouvée dans la substance active

Le défaut de qualité décelé est une impureté retrouvée dans la substance active fabriquée par la société chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceuticals. Cette impureté est la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), substance classée comme probablement cancérogène chez l’homme. Les productions de la substance active de cette société ont été arrêtées et les médicaments qui en contiennent et qui sont commercialisés en France ont été placés en quarantaine par les laboratoires fin juin 2018.

La liste des lots est disponible en ligne

En France, les laboratoires Arrow Génériques, Biogaran, Cristers, EG Labo, Evolupharm, Ranbaxy Pharmacie Génériques, Sandoz, Zentiva et Zydus procèdent, en accord avec l’ANSM, au rappel de tous les lots non périmés des produits dont l’agence du médicament diffuse la liste en ligne. Pour Eg Labo, seuls les lots mentionnés sont concernés. Les autres valsartan ou autres médicaments de la même classe thérapeutique (autres sartans) ne sont pas concernés à ce jour et restent disponibles, note l’ANSM.

Une investigation en cours

Les patients traités par l’un des médicaments à base de valsartan sur la liste ne doivent ni arrêter d’eux-mêmes leur traitement, ni rapporter leurs boîtes à la pharmacie. Au cours d’une prochaine délivrance, le pharmacien proposera un médicament à base de valsartan non concerné par ce défaut, précise l’agence sanitaire. Pour toute question, les patients peuvent se rapprocher de leur médecin ou de leur pharmacien. Une investigation sur ce défaut de qualité est en cours au niveau européen.