Alors que les températures refroidissent et que les jours raccourcissent, place au passage à l’heure d’hiver. Un décalage d’une heure pas si anodin qui peut avoir une certaine influence sur notre santé.

Dimanche matin, nous pourrons dormir une heure de plus grâce au passage à l’heure d’hiver dans la nuit. À trois heures du matin (heure d’été) il sera donc deux heures (heure d’hiver). Plus d’un Français sur deux déclare être confronté au « mal-dormir », selon une étude Ipsos pour la Fondation Adova publiée en septembre. Nombreux sont ceux qui se réjouissent donc de ce changement d’heure. Néanmoins, ce changement de rythme qui, s’il pourrait bien être le dernier, nous offre plus de sommeil n’est pas sans conséquences sur notre santé.

Un changement qui perturbe notre horloge biologique

L’horloge biologique désigne le rythme interne qui indique à notre organisme qu’il doit avoir faim car l’heure du déjeuner approche, ou bien qui le met en veille aux alentours de l’heure du coucher. Mais lorsque l’horloge sociale – celle qui est régie par les conventions sociales d’heure de lever, de repas et de coucher – est modifiée, notre organisme peut avoir du mal à s’adapter.

Ce décalage s’explique notamment par l’action de la mélatonine, cette hormone sécrétée en fonction de la quantité de lumière reçue et qui régule les phases de veille et de sommeil. Celle-ci peut être prise en complément alimentaire, ponctuellement, pour aider notamment à l’endormissement. Néanmoins l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) la déconseille à « certaines populations » en raison d’effets secondaires.

Les bébés, les ados et les personnes âgées sont plus touchés

Par ailleurs, tout le monde n’est pas impacté de la même manière par ce changement. Les enfants et les personnes âgées peuvent être plus perturbés que les autres, car leur horloge biologique est plus sensible. Les bébés notamment sont souvent perturbés pendant quelques jours, le temps de se caler sur la nouvelle heure. Quant aux ados, ils auront eux aussi plus de mal à s’adapter car « la puberté provoque un retard de phase physiologique et donc un endormissement tardif », expliquait début avril Véronique Fabre chercheuse en neurosciences sur le site Sorbonne Université.

Des troubles du sommeil et de l’appétit

Ce rythme perturbé peut également engendrer des problèmes d’insomnies plus sévère ou encore des pertes d’appétit. Notre estomac doit se réhabituer à éprouver la sensation de faim à une heure différente. C’est pourquoi de nombreux professionnels conseillent de décaler progressivement à la fois l’heure du coucher et l’heure des repas pour que chacun s’habitue progressivement.

Un « coup de mou » saisonnier

Enfin, le passage à l’heure d’hiver peut avoir un effet sur l’humeur. En cette période de début d’automne, on parle d’ailleurs de trouble affectif saisonnier (TAS). Le raccourcissement des journées depuis le 23 septembre diminue le temps d’exposition à la lumière naturelle et cela peut entraîner l’apparition de la « dépression saisonnière ».

Ce trouble, dont les symptômes sont presque similaires à ceux d’une dépression classique, provoque notamment l’envie de manger plus, et plus sucré, et de passer plus de temps au lit. Cela provient notamment d’un déséquilibre entre la mélatonine qui est produite en plus grande quantité, et la sérotonine dont l’action est diminuée. Or ce neurotransmetteur a un rôle dans la régulation du sommeil et de l’humeur.

Pour lutter contre ce « coup de mou » qui survient à l’automne, les personnes touchées peuvent se faire prescrire une cure de luminothérapie. Une exposition d’une demi-heure par jour à une lampe de grande intensité lumineuse pendant deux semaines peut suffire à retrouver le moral